Comment faire les jointoiements du carrelage extérieur

Comment faire les jointoiements du carrelage extérieur ?

Pour réaliser correctement les joints de carrelage extérieur, attendez 24 à 48 heures après la pose du carrelage, nettoyez soigneusement les interstices, appliquez un mortier de joint spécial extérieur avec une raclette en caoutchouc en diagonale, lissez avec une éponge humide après 15-20 minutes, puis protégez de la pluie pendant 24 heures. Choisissez impérativement un joint résistant au gel et aux intempéries pour garantir une tenue durable.

Vous venez de terminer la pose de votre terrasse ou allée carrelée et vous vous demandez comment finaliser avec des joints solides ? Le jointoiement extérieur nécessite des techniques spécifiques et des matériaux adaptés aux contraintes climatiques. Une mauvaise exécution entraîne fissures, infiltrations d’eau et dégradations prématurées de votre carrelage.

L’article en résumé

Étapes et matérielDétails et spécifications
⏱️Délai avant jointoiement24-48h après pose carrelage, 7 jours minimum si dalle béton récente
🧱Type mortier jointJoint souple extérieur classe CG2 minimum, résistant gel -30°C, hydrofuge
🌡️Conditions météoTempérature 5-25°C, temps sec prévu 48h, éviter plein soleil et gel
🔧Matériel nécessaireRaclette caoutchouc, éponge, seau, taloche, spatule, gants protection
📐Largeur joints5-10 mm extérieur (dilatation), 3-5 mm intérieur, jamais <3 mm dehors
💧Séchage et protectionSéchage 24-48h, protection pluie 24h minimum, circulation 48-72h

Choisir le bon mortier de joint pour l’extérieur

Le choix du mortier de joint conditionne directement la longévité de votre carrelage extérieur. Les joints subissent des contraintes bien plus sévères qu’en intérieur : variations thermiques importantes, cycles gel-dégel, pluie, UV et passages fréquents qui sollicitent mécaniquement l’ensemble.

Optez obligatoirement pour un mortier classé CG2 selon la norme européenne EN 13888. Cette classification garantit des performances minimales indispensables : résistance à l’abrasion élevée, faible absorption d’eau, résistance au gel jusqu’à -30°C. Les mortiers CG1 conviennent uniquement pour l’intérieur et se fissurent rapidement dehors. La différence de prix reste minime (2-3 euros par sac) comparée au coût d’une réfection complète des joints.

Les joints souples représentent le meilleur choix pour l’extérieur. Leur formulation à base de résines permet une légère déformation sans fissuration lors des mouvements du carrelage dus aux variations de température. Un carrelage exposé au soleil peut subir des écarts de 40°C entre l’hiver et l’été, générant des dilatations significatives. Un joint rigide classique craquera systématiquement après un ou deux cycles annuels.

La couleur du joint influence aussi sa durabilité. Les joints gris moyen ou anthracite masquent mieux les salissures et micro-fissures que les joints blancs ou beiges clairs. Ces derniers jaunissent rapidement sous l’effet des UV et des pollutions atmosphériques. Pour un rendu esthétique durable, privilégiez des teintes intermédiaires qui vieillissent discrètement et harmonieusement.

Les additifs hydrofuges intégrés au mortier offrent une protection supplémentaire contre l’eau. Ces composés réduisent la porosité du joint et limitent les infiltrations. Certains fabricants proposent aussi des additifs anti-mousse qui retardent l’apparition de végétation dans les joints, particulièrement utile pour les terrasses ombragées ou les allées situées sous des arbres.

Vérifiez toujours la date de péremption indiquée sur le sac. Un mortier de joint périmé perd ses propriétés hydrauliques et risque de ne jamais durcir correctement. Stockez vos sacs au sec et à l’abri de l’humidité. Un sac entamé doit être utilisé dans les 6 mois maximum, même soigneusement refermé, car les composants réactifs se dégradent progressivement au contact de l’air.

Comment faire les jointoiements du carrelage extérieur

Préparation avant le jointoiement

Une préparation minutieuse détermine la qualité finale de vos joints. Cette étape souvent négligée par les bricoleurs pressés explique pourtant la majorité des problèmes ultérieurs.

Respectez scrupuleusement le délai de séchage de la colle avant de jointoyer. Pour une pose sur dalle béton existante, attendez minimum 24 heures, idéalement 48 heures avec une colle classique. Si vous avez coulé la dalle récemment, patientez au moins 7 jours avant de carreler, puis encore 48 heures supplémentaires avant de jointoyer. Ce délai permet à l’humidité résiduelle du béton de s’évacuer progressivement sans compromettre la prise du mortier de joint.

Nettoyez méticuleusement tous les interstices entre carreaux. Retirez les croisillons plastiques en les arrachant avec une pince ou un tournevis plat. Certains croisillons modernes se retirent par simple traction. Éliminez ensuite tous les résidus de colle remontés entre les carreaux avec un grattoir, une spatule ou un couteau à enduire. Ces surplus de colle empêchent le mortier de joint d’adhérer correctement et créent des points de faiblesse.

Passez l’aspirateur dans tous les joints pour enlever la poussière fine qui nuit à l’accrochage. Un balai ou un souffleur ne suffisent pas : seule l’aspiration élimine vraiment les particules microscopiques coincées au fond des interstices. Cette étape paraît fastidieuse mais garantit une liaison optimale entre le mortier et les tranches des carreaux.

Humidifiez légèrement les joints 30 minutes avant l’application du mortier si vous travaillez par temps chaud ou sur carreaux très poreux (terres cuites, grès). Cette pré-humidification empêche le support d’absorber trop rapidement l’eau du mortier, ce qui provoquerait un séchage trop rapide et des fissures. Utilisez un pulvérisateur ou une éponge pour humidifier sans détremper.

Vérifiez les conditions météorologiques des prochaines 48 heures. Consulter la météo avant de commencer évite les mauvaises surprises. Une pluie survenant dans les 24 heures suivant l’application lessive le mortier encore frais et ruine votre travail. Des températures inférieures à 5°C ralentissent ou bloquent la prise, tandis qu’au-dessus de 30°C le séchage trop rapide génère des fissurations systématiques.

Pour les grandes surfaces comme les terrasses, planifiez votre intervention sur plusieurs jours si nécessaire. Mieux vaut jointoyer 10 m² parfaitement que 30 m² à la va-vite. Le mortier de joint reste ouvrable 2 à 3 heures maximum une fois préparé, imposant de travailler par zones. Délimitez mentalement votre surface en sections gérables de 5 à 8 m² selon votre vitesse d’exécution.

Comment faire les jointoiements du carrelage extérieur

Technique d’application du mortier de joint

L’application du mortier demande méthode et régularité pour obtenir un résultat professionnel. Maîtrisez ces gestes techniques qui font toute la différence.

Préparez votre mortier en respectant scrupuleusement les dosages indiqués par le fabricant. Versez la quantité d’eau nécessaire dans un seau propre, puis ajoutez progressivement la poudre en mélangeant au fur et à mesure. Jamais l’inverse : verser l’eau sur la poudre crée des grumeaux impossibles à éliminer. Mélangez énergiquement pendant 3 à 5 minutes avec un malaxeur électrique ou une spatule jusqu’à obtenir une consistance homogène type pâte dentifrice épaisse.

Laissez reposer le mélange 5 minutes après le premier malaxage, puis remélangez 1 minute. Cette pause permet aux composants chimiques de s’activer pleinement. Le mortier atteint alors sa consistance optimale : ni trop liquide (il coulera hors des joints), ni trop épais (il ne pénétrera pas bien). Préparez uniquement la quantité utilisable en 1h30 maximum, au-delà le mortier commence à durcir dans le seau.

Appliquez le mortier avec une raclette en caoutchouc en travaillant toujours en diagonale par rapport aux joints. Ce mouvement oblique pousse efficacement le mortier au fond des interstices sans laisser de vides. Passez la raclette dans un sens puis dans l’autre perpendiculairement pour bien remplir. Appuyez fermement pour chasser les bulles d’air qui fragiliseraient le joint. Une application perpendiculaire ou parallèle aux joints ne remplit que superficiellement les espaces.

Raclez l’excédent de mortier avec la raclette tenue presque verticalement, en diagonale toujours. Laissez juste une fine pellicule sur les carreaux, tous les joints doivent affleurer légèrement au-dessus du niveau des carreaux. Ne cherchez pas à nettoyer parfaitement à ce stade, vous risqueriez d’arracher le mortier fraîchement posé. Le nettoyage fin viendra lors de l’étape suivante.

Attendez 15 à 20 minutes avant de lisser, le temps que le mortier commence sa prise. Testez en appuyant légèrement avec le doigt : le mortier doit résister sans se déformer. Si votre doigt s’enfonce facilement, attendez encore 5 minutes. Ce timing varie selon la température ambiante : plus court par temps chaud (10-15 min), plus long par temps frais (25-30 min). Un lissage trop précoce arrache le mortier, trop tardif empêche de nettoyer correctement.

Lissez et nettoyez avec une éponge humide (pas détrempée) en mouvements circulaires larges. L’éponge retire le voile de mortier sur les carreaux tout en lissant légèrement la surface des joints. Rincez très fréquemment l’éponge pour ne pas étaler indéfiniment le même mortier dilué. Changez l’eau du seau dès qu’elle devient laiteuse. Passez plusieurs fois si nécessaire pour obtenir des carreaux propres et des joints légèrement en retrait (1 mm) par rapport au niveau des carreaux.

Lors de vos travaux extérieurs, la gestion du séchage reste primordiale. Si une averse menace dans les heures suivant votre jointoiement, consultez nos conseils détaillés sur le temps de séchage des joints de carrelage extérieur par temps de pluie pour savoir comment protéger efficacement votre travail et éviter les catastrophes.

Comment faire les jointoiements du carrelage extérieur

Erreurs courantes à éviter absolument

Certaines erreurs reviennent systématiquement chez les bricoleurs et compromettent durablement la qualité du jointoiement. Identifier ces pièges vous épargne déceptions et reprises.

Jointoyer trop tôt après la pose du carrelage représente l’erreur numéro un. L’humidité encore présente dans la colle remonte dans le mortier de joint et l’empêche de durcir correctement. Les joints restent mous, s’effritent au toucher et se fissurent rapidement. Respectez toujours les 48 heures minimum, voire 72 heures si vous avez posé par temps humide ou froid. Cette patience initiale vous épargne une réfection complète des joints quelques mois plus tard.

Utiliser un mortier de joint intérieur pour l’extérieur condamne votre carrelage à brève échéance. Les joints intérieurs ne résistent ni au gel ni aux importantes variations thermiques. Dès le premier hiver, ils se fissurent, se désagrègent et laissent l’eau s’infiltrer sous les carreaux. Le gel fait alors éclater la colle et décolle les carreaux un par un. Le surcoût d’un mortier extérieur (3-4 euros par sac) reste dérisoire face aux dégâts.

Négliger le nettoyage préalable des joints crée une liaison médiocre entre le mortier et les carreaux. Les résidus de colle, poussière et autres saletés forment une barrière qui empêche l’accrochage mécanique. Le mortier semble bien en place initialement mais se décolle progressivement, créant des joints creux qui se salissent rapidement et accumulent l’eau. Un nettoyage soigné à l’aspirateur prend 15 minutes pour 10 m² mais garantit une tenue à 20 ans.

Travailler sous plein soleil ou par forte chaleur accélère excessivement le séchage du mortier. La surface sèche en quelques minutes tandis que le fond reste humide, créant des tensions qui fissurent systématiquement les joints. Si vous devez absolument travailler en été, choisissez les heures fraîches du matin (avant 10h) ou du soir (après 18h). Humidifiez abondamment les joints et couvrez les zones terminées avec un voile d’ombrage humide.

Laisser sécher trop longtemps avant le nettoyage transforme cette étape en corvée pénible. Le mortier durci adhère fortement aux carreaux et nécessite un grattage agressif qui peut les rayer. Dans les cas extrêmes, il faut utiliser des produits chimiques décapants. Le timing optimal de 15-20 minutes permet un nettoyage facile à l’éponge. Si vous avez raté ce délai, tentez un nettoyage à l’eau tiède additionnée de vinaigre blanc dilué.

Faire des joints trop étroits en extérieur (moins de 5 mm) ne laisse aucune marge pour la dilatation thermique. Les carreaux travaillent avec les variations de température, se dilatant l’été et se rétractant l’hiver. Des joints étroits empêchent ce mouvement naturel et se fissurent immanquablement. Même pour des carreaux rectifiés vendus pour pose « joint minimal », respectez 5 mm minimum dehors, idéalement 8 mm pour la tranquillité.

Oublier les joints de dilatation sur grandes surfaces condamne votre terrasse. Au-delà de 20-25 m² ou tous les 5 mètres linéaires, un joint de fractionnement souple (mastic ou profil) s’impose. Ces joints absorbent les mouvements d’ensemble du carrelage sans casser. Leur absence provoque des soulèvements, fissures en cascade et décollements. Prévoyez-les dès la pose du carrelage, impossible de les intégrer après jointoiement.

faire les jointoiements du carrelage extérieur

Conditions météorologiques idéales pour jointoyer

La météo influence directement la réussite du jointoiement extérieur. Choisir le bon moment pour intervenir garantit un résultat durable et évite les déconvenues.

La température idéale se situe entre 10 et 20°C avec un taux d’humidité modéré de 40 à 70%. Ces conditions permettent un séchage progressif et homogène du mortier sur 24 à 48 heures. Le printemps et l’automne offrent généralement ces conditions optimales. Évitez l’hiver où les gelées nocturnes détruisent le mortier frais, et l’été caniculaire où le séchage trop rapide génère des fissures systématiques.

Ne travaillez jamais si la température descendra sous 5°C dans les 48 heures suivantes. Le gel transforme l’eau contenue dans le mortier en glace, augmentant son volume de 9% et faisant éclater la structure du joint de l’intérieur. Même un gel léger de -2°C pendant quelques heures suffit à compromettre irrémédiablement des joints appliqués la veille. Les dégâts n’apparaissent parfois qu’au printemps suivant quand les joints se désagrègent en poussière.

Vérifiez les prévisions de pluie sur au minimum 24 heures, idéalement 48 heures. Une averse même brève dans les 6 premières heures lessive complètement le mortier frais qui n’a pas encore durci. Entre 6 et 24 heures, la pluie délave la surface et décolore les joints de façon irréversible. Après 24 heures de séchage correct, une pluie modérée n’endommage plus les joints mais une pluie battante peut encore marquer la surface.

Le vent fort accélère l’évaporation et dessèche prématurément la surface des joints. Ce phénomène s’accentue particulièrement avec le mistral, la tramontane ou autres vents secs. Si vous devez travailler par vent soutenu, humidifiez régulièrement les zones terminées par pulvérisation fine et couvrez-les avec des bâches humides si possible. Un séchage trop rapide en surface crée une croûte dure alors que le fond reste mou.

L’exposition directe au soleil pose les mêmes problèmes que la chaleur excessive. Sur une terrasse plein sud en été, la surface des carreaux peut atteindre 50 à 60°C. Le mortier sèche alors en 10 minutes au lieu de 2 heures, rendant le travail quasiment impossible. Privilégiez le côté ombragé en premier, ou travaillez tôt le matin quand la terrasse n’a pas encore accumulé la chaleur. Un simple parasol déplacé au fur et à mesure peut suffire sur de petites surfaces.

La rosée matinale abondante peut aussi poser problème dans certaines régions. Si vos carreaux sont trempés de rosée, attendez qu’ils sèchent naturellement avant de commencer. Un mortier appliqué sur support gorgé d’eau ne sèche pas correctement et reste mou. Par temps très humide avec brouillard persistant, reportez votre intervention : le taux d’humidité de l’air trop élevé (>85%) ralentit considérablement le processus de séchage.

Si vous réalisez d’autres travaux de maçonnerie extérieure en parallèle, comme la réalisation de supports pour votre carrelage, consultez notre guide sur comment couler une dalle béton directement sur la terre pour comprendre les fondamentaux d’une base solide, indispensable avant toute pose de carrelage extérieur.

Comment faire les jointoiements du carrelage extérieur

Protection et finitions après jointoiement

Les heures et jours suivant le jointoiement déterminent la qualité finale et la longévité de votre installation. Ces précautions finales font souvent toute la différence.

Protégez impérativement votre carrelage fraîchement jointoyé de la pluie pendant minimum 24 heures, idéalement 48 heures. Couvrez la surface avec des bâches plastiques lestées pour éviter qu’elles ne s’envolent. Attention, les bâches ne doivent pas toucher directement les joints frais : surélevez-les avec des tasseaux ou caisses pour maintenir une circulation d’air. Un contact direct avec une bâche humide marque définitivement la surface des joints et peut les décolorer par plaques.

Interdisez tout passage piéton pendant 48 heures minimum, 72 heures pour un séchage optimal. Les empreintes de pas dans les joints frais s’impriment définitivement et créent des creux où s’accumuleront eau et saletés. Si vous devez absolument traverser la zone pour accéder à une partie de votre jardin, posez des planches larges qui répartissent le poids sans toucher les joints. Déplacez ces planches régulièrement pour éviter qu’elles ne marquent le mortier en dessous par effet de pression.

Maintenez une humidité ambiante correcte pendant le durcissement en pulvérisant légèrement de l’eau 2 à 3 fois par jour pendant les 3 premiers jours si le temps est chaud et sec. Cette brumisation fine ralentit le séchage et permet au mortier de développer sa résistance maximale. Un mortier de joint séché trop rapidement n’atteint que 60 à 70% de sa résistance théorique. Pulvérisez finement sans détremper, vous voulez maintenir l’humidité sans lessiver la surface des joints.

Effectuez un nettoyage final approfondi après 48 heures de séchage. À ce stade, le mortier a suffisamment durci pour résister au nettoyage mais les éventuels voiles résiduels sur les carreaux ne sont pas encore complètement durcis. Utilisez une éponge abrasive ou un chiffon microfibre avec de l’eau claire pour éliminer les dernières traces. Pour les voiles tenaces, un produit nettoyant spécial laitance de ciment dilué selon les instructions du fabricant redonne de l’éclat aux carreaux.

Appliquez un hydrofuge de surface sur les joints après 7 jours de séchage complet pour maximiser leur protection. Ces produits pénètrent dans les premiers millimètres du joint et créent une barrière invisible contre l’eau, les taches et les salissures. L’application se fait au pinceau ou pulvérisateur en évitant de déborder sur les carreaux non poreux. Deux couches espacées de 2 heures offrent une protection optimale pour 3 à 5 ans.

Surveillez l’évolution de vos joints pendant les premières semaines. Des fissures fines peuvent apparaître sur les joints trop larges (>12 mm) ou mal dosés. Si ces microfissures restent superficielles et stables, elles ne nécessitent aucune intervention. Des fissures larges (>1 mm) qui s’élargissent indiquent un problème de support ou de dosage nécessitant une reprise. Mieux vaut intervenir rapidement qu’attendre que l’eau s’infiltre sous les carreaux.

Programmez un entretien régulier de vos joints pour préserver leur aspect et leurs performances. Un nettoyage à la brosse dure et eau savonneuse deux fois par an élimine mousses, lichens et salissures avant qu’ils ne s’incrustent. Les joints extérieurs subissent un vieillissement naturel : prévoyez une rénovation partielle tous les 10 à 15 ans en retirant 3 à 5 mm de profondeur et en appliquant un nouveau mortier. Cette réfection préventive coûte 20% du prix d’une réfection complète avec dépose du carrelage.

FAQ sur le jointoiement du carrelage extérieur

Peut-on jointoyer du carrelage extérieur en hiver si les températures restent positives ?

Techniquement oui si les températures restent au-dessus de 5°C jour et nuit pendant 48 heures minimum. Cependant les risques augmentent considérablement en hiver : gel nocturne imprévu, humidité excessive de l’air, séchage très lent (5-7 jours au lieu de 48h). Même avec des températures positives de 6-8°C, la prise du mortier ralentit fortement et sa résistance finale diminue. Si vous devez absolument intervenir en hiver, choisissez une fenêtre météo de 5 jours consécutifs au-dessus de 8°C minimum, utilisez un mortier spécial hiver avec accélérateur de prise, et protégez le chantier avec des bâches isolantes. Le printemps offre tellement de meilleures conditions qu’il vaut généralement mieux patienter quelques semaines plutôt que de compromettre un chantier de plusieurs milliers d’euros pour gagner un mois.

Quelle largeur de joint minimum en extérieur pour éviter les problèmes ?

Jamais moins de 5 mm en extérieur, idéalement 8 à 10 mm. Cette largeur généreuse permet au carrelage de se dilater et se rétracter librement avec les variations thermiques sans casser les joints. Un carrelage extérieur subit des écarts de température de 50°C entre l’hiver et l’été, générant des mouvements significatifs. Les joints de 3 mm parfois utilisés en intérieur craquent systématiquement dehors en moins d’un an. Les carreaux rectifiés permettent théoriquement des joints fins, mais cette précision dimensionnelle n’annule pas les contraintes thermiques. Pour les grands formats (60×60 cm et plus), visez 10 mm sans hésiter. Les croisillons plastiques existent en toutes largeurs : 5, 8, 10 et 12 mm. Cette « perte » de surface carrelée (quelques %) se compense largement par une durabilité multipliée par 3 ou 4.

Comment rattraper des joints extérieurs qui s’effritent déjà ?

Si l’effritement reste superficiel (1-2 mm), brossez énergiquement les joints avec une brosse métallique pour éliminer toutes les parties friables. Aspirez soigneusement la poussière, humidifiez légèrement, puis appliquez une fine couche de nouveau mortier de joint en frottant bien avec la raclette pour combler les microfissures. Pour des joints qui s’effritent en profondeur, la seule solution durable consiste à les retirer complètement sur 8 à 10 mm avec un grattoir triangulaire ou une meuleuse équipée d’un disque diamant fin. Aspirez, humidifiez, et rejointoyez avec un mortier haute performance. Cette opération fastidieuse prend 1 à 2 heures par m² mais évite d’attendre que tous les joints soient détruits. Si plus de 30% des joints sont touchés, envisagez une réfection complète plutôt que des reprises partielles inesthétiques.

Les joints époxy valent-ils le coup pour l’extérieur ?

Les joints époxy offrent des performances exceptionnelles : totalement imperméables, résistance mécanique maximale, aucune porosité donc zéro tache, durabilité extrême (30-40 ans). Leurs inconvénients : prix 3 à 4 fois supérieur aux joints classiques (40-60€ les 5kg contre 12-15€), application très technique nécessitant rapidité et précision (durcit en 45 minutes), nettoyage délicat qui nécessite des éponges spéciales et beaucoup d’huile de coude. Réservez l’époxy aux zones particulièrement exposées comme les abords de piscine, les terrasses de restaurant, ou les allées à fort passage. Pour une terrasse résidentielle classique, un bon mortier souple CG2 coûte 4 fois moins cher et dure 15-20 ans, ce qui représente un meilleur rapport qualité-prix. L’époxy se justifie vraiment pour les carrelages de luxe ou les zones où l’entretien doit rester minimal.

Faut-il impérativement attendre 7 jours après coulage de la dalle avant de carreler puis jointoyer ?

Oui pour une dalle béton fraîche, et même 28 jours serait l’idéal théorique car le béton atteint sa résistance maximale après 28 jours. Dans la pratique, 7 jours représentent le minimum absolu avant de carreler : le béton a atteint 70% de sa résistance et l’humidité de surface a suffisamment diminué. Si vous carrelez avant, l’humidité résiduelle du béton remonte dans la colle et l’empêche de durcir correctement. Le carrelage se décolle en plaques entières quelques mois plus tard. Après 7 jours de séchage de la dalle + 48h après pose du carrelage, vous pouvez jointoyer soit 9 jours minimum après coulage de la dalle. Pour une dalle existante de plus d’un mois, aucun délai : carrelez et jointoyez selon le planning normal. Le respect de ces délais explique pourquoi les professionnels étalent un chantier terrasse sur 2-3 semaines alors que les opérations réelles ne prennent que 3-4 jours.

Comment éviter que les joints extérieurs verdissent avec la mousse ?

La mousse et les algues colonisent les joints extérieurs principalement dans les zones ombragées et humides. Plusieurs préventions : choisissez un joint avec additif anti-mousse intégré dès la pose, appliquez un traitement hydrofuge + anti-mousse après 7 jours de séchage (renouvelable tous les 2-3 ans), améliorez l’évacuation de l’eau pour éviter les zones constamment humides, taillez les végétaux qui créent trop d’ombre sur la terrasse. Pour le traitement curatif : brossage énergique à sec puis application d’un produit anti-mousse spécial façades diluée selon les instructions. Laissez agir 48h sans rincer, la pluie fera le travail. Répétez annuellement en automne. Les remèdes de grand-mère (eau de javel, vinaigre) tuent la mousse temporairement mais abîment progressivement les joints et les décolorent. Un produit professionnel coûte 15-20€ le litre concentré et traite 50-100 m² selon la dilution.

Peut-on rejointer par-dessus d’anciens joints sans les enlever complètement ?

Non, mauvaise idée qui produit systématiquement un résultat médiocre et peu durable. Un nouveau joint appliqué sur un ancien n’adhère que superficiellement sans pénétrer en profondeur. Il se décolle en quelques mois, surtout avec les contraintes de l’extérieur. Le nouveau mortier n’atteint pas les tranches des carreaux où se fait la liaison mécanique solide. De plus, la superposition crée des joints surélevés par rapport aux carreaux, peu esthétiques et qui accumulent salissures et eau. La seule méthode durable : retirez mécaniquement les anciens joints sur minimum 8 mm de profondeur avec un grattoir, une rainureuse électrique ou une meuleuse avec disque fin. Cette étape pénible prend du temps (30-60 min par m²) mais garantit que le nouveau joint tiendra 15-20 ans. Pour les joints en bon état mais simplement tachés ou décolorés, tentez d’abord un nettoyage intensif et l’application d’un rénovateur de joints coloré avant d’envisager la réfection complète.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut